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Tunis

1008

Tunisie

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Médina de Tunis

Tunis, naguère petite bourgade berbère (oppidum tunicense) est de ces sites privilégiés que la géographie favorisa et que l'histoire a élu. Rien au départ ne la prédestinait à succéder à la puissante Carthage, sa voisine établie face à la mer, puis à Kairouan protégée à l'intérieur des terres et enfin à Mahdia confrontée elle aussi à la mer et à ses dangers. On devra cependant attendre le milieu du XIème siècle pour que la bourgade berbère puis la ville militaire des arabes (VIII-IXème siècle) s'érige en chef-lieu d'une principauté locale, celle des Banou Khorassane et enfin en capitale du royaume des Hafsides (de 1229 à 1574).

Aujourd'hui le visiteur peut encore admirer son tissu urbain unique et ses monuments historiques : mosquées, mausolées, fondations pieuses, monuments publics qui témoignent de l'essor considérable de la civilisation arabo-musalmane et du renouvellement constant de son style architectural.

Leur sauvegarde fit valoir à la médina de Tunis le 26 Octobre 1979 son inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.

Cadre Historique

1) Tunis dans L’Antiquité

Tunis arabe n’a pas été une nouvelle création, elle succéde à une cité plus ancienne qui remonte à des origines Berbères. Certains historiens se sont basés sur des données berbères pour démontrer que le toponyme "Tynès" ou "Tunès", dont une légère altération a donné Tunis se rattache à la civilisation Libyque, ainsi que les trois radicales T.N.S. que l’on retrouve dans d’autres toponymes de L‘Afrique du Nord, signifieraient en berbère «halte», «bivouac», «campement» et plus précisément «être couché» «ou aller passer la nuit à», d’où l’idée de campement de nuit. Cette cité semble, ainsi, prédestinée à un rôle économique et stratégique important en tant que voie de passage de routes caravanières. Ce qui nous amène à croire que la cité fût une fondation du peuple autochtone. Mais Tunis est elle plus ancienne que Carthage?
1. L’existence de Tunis est attestée au début du IVème siècle avant notre ère, Diodore de Sicile ( Historien grec, 90 av J.-C -20 av J.-C ) nous apprend, en effet, qu’après la défaite de l’armée carthaginoise par Denis L’ancien de Syracuse en 395 Av.JC, les deux cent mille Libyens révoltés contre la puissance carthaginoise se sont emparés de Tunes , Ce qui nous permet de dire que les premiers témoignages datent d’une époque où Carthage Punique est déjà une grande cité.

Ce nom de la cité est attesté par les historiens Grecs et Latins, qui ont retracé l’histoire de Carthage. Elle est successivement occupé par:

  • Agathocle en 310
  • Regulus en 256
  • Les Lybyens de Matho en 240
  • Scipion l’Africain en 203
  • Scipion Emilien en 146
Cette dernière expédition considérée comme la troisième guerre punique mit fin à la puissance de Carthage et la destruction de "Tunès", qui va renaître sous la domination de Rome.
Au cours de cette période et malgré le fait que les historiens romains se soient désintéressés de Tunis, l’existence de cette cité est encore attestée sur la table de Peutinger au IVème siècle sous le nom de «THUMI» qui peut être une faute de copiste pour «THUNIS»
Mais si la fondation de Tunès remonte à une antiquité reculée, et si la ville a réussi à se maintenir pendant des siècles, elle n’a jamais joué qu’un rôle modeste dans l’ombre de la grande cité (Carthage) capitale de l’Afrique Punique et de l’Afrique Romaine.
Quel rôle va jouer Tunès avec l’arrivée des Arabes?

2) Tunis: de la conquête arabe jusqu'à la première moitié du XIème siècle

Les historiens arabes datent en effet la naissance de Tunis en 80 H (699) et attribuent sa fondation à Hassan Ibn Al –Noaman qui s’empara de la grande ville antique.
Sur l’ordre du Calife Umayyade Abd Al Malik Ibn Marwan y créa un arsenal, après avoir amener la mer jusqu'à Tunis et creusa un canal à travers le cordon littoral, séparant le lac de la mer au lieu dit Halk Al- Wadi: Tunis va assumer, désormais, une fonction militaire d’où la présence de centaines de milliers de soldats, plus d’une expédition maritime au VIII ème partit de Tunis. Mais Tunis est encore une ville secondaire en regard d’Al-Kayrawan, la capitale où siégeaient les gouverneurs.

Dès que les Aghlabides furent désignés gouverneurs de l’Ifriquia, Tunis choisit l’opposition à cette dynastie: « elle était sans conteste, de toute l’Ifriquia la ville la plus turbulente et la plus mal disposée à l’égard des Aghlabides, son peuple fit souvent cause commune avec les insurgés " la première révolte éclate en 802, dirigée par Huraysh, descendant d’une importante famille arabe, installée à Ifriquia bien avant l’avènement des Abbasides et qui est restée fidèle à la dynastie Umayyade déchue.

Vingt ans plus tard, on retrouve Tunis mêlée à une autre révolte menée par Mansour Al Tamboudhi seigneur arabe, possédant le château de Tamboudha (l’actuelle Mohammadia, dans les environs de la ville) pour avoir l’œil sur cette population rebelle et contenir ses moindres mouvements. Ibrahim Ibn Ahmed (874-902) s’installe à Tunis. Ce fut la première fois où Tunis représenta le siège de gouvernement, mais deux ans plus tard (903) la cour retourne à Kairouan.

Au début du X ème siècle, une révolution Chiite avait porté les Fatimides au pouvoir qui s’installèrent à Mahdia: la nouvelle capitale.

Après avoir quitté l’Ifriquia vers l’Egypte, les fatimides confièrent le gouvernement à leurs fidèles Zirides qui eurent, tour à tour, pour capitale Al Mahdia et Al- Kayrawan. A cette époque, Tunis continua son développement dans les différentes activités: religieuses, économiques,…, le géographe arabe Al-Bakri nous en a laissé la première description«l’une des plus illustres ville d’Ifriquia,».
Vers le milieu du XI ème siècle, l’émir Ziride EL- Moez Ibn Bâdis, répudiant la doctrine stricte, rejette la suzeraineté du calife fatimide du caire, l’Ifriquiya est envahit par les tribus arabes Banou Hilal et Banou Sulaym et une multitude de pouvoirs locaux se substitue au pouvoir central défaillant.

3) Tunis sous les Banou Khurassan

Tunis tombe entre les mains d’un chef de bande de la tribu des Riyahs au nom de Ab-El-Ghaith (1054), mais la population refuse sa domination. Une délégation s'est alors dépêchée aux Beni Hammad, maîtres d’un brillant royaume à l’Ouest du pays, leur demandant protection. Les Beni Hammad envoient au secours de Tunis un de leur vaillant fils Abdelhak Ibn Khorassan. Celui-ci rétablit expressément l’ordre et presque aussi vite se proclame de suzeraineté Hamadite.
Ainsi l’une des plus célèbres principautés du XIème siècle est née, elle a pour capitale Tunis et pour maîtres: les Benou Khorassen, qui ont su assurer, à leurs sujets, bonheur et prospérité durant un siècle.
En 554H/1159, la ville de Tunis, comme toute l’Afrique du Nord, allait tomber entre les mains du souverain Marocain Abd Al- Mumin qui a embrassé la doctrine Almohade, et avant son retour à Marrakech confia l’administration à l’un de ses fils, qui s’installa dans la Kasba du Tunis. Cette dernière se trouva première au rang de capitale de l'Ifriquiya et le restera sans interruption jusqu'à nos jours.

4) Tunis sous les Hafsides:

Abou Zakarya : fils de Abd Al-Wahid Ibn Abi Hafs, et nouveau gouverneur de Tunis, rejeta la suzeraineté du souverain Almohade de Marrakech, et affirma son indépendance en 625H/1228. Il fonda ainsi la dynastie des Hafsides, qui s’étala sur toute l’Ifriquiya, de la grande Kabylie jusqu’aux abords de la Syrte.
En 639H/1242 et à Telemcen, Abd Al-Wadid soustrayait au pouvoir Almohade et reconnaissait la suzeraineté de l’Emir Hafside.

En Espagne, la pression des Chrétiens atteignait un très haut degré. Valence céda en 634H/1237, après avoir imploré l’aide immédiate du Hafside qu’elle reconnue pour son souverain. Elle fut suivie par Séville en 646H/1248, Xéres, Tarit… Le Nasride de Grenade et Malaga se trouva à son tour obligé de reconnaître le souverain de Tunis et de demander son secours.

A la mort d’Abou Zakarya en 647H/1249, Tunis se trouvait à la tête d’un puissant empire qui va marquer son essor pendant trois siècles.

5)   L’expédition du Charles Quint 1535:

Au début du XVIème siècle, le corsaire Khair-Eddine devenait maître d’Alger. Ayant fait acte d’allégeance au sultan du Constantinople, voulu étendre sa domination à la Berbérie orientale, il réussit à s’emparer de Tunis en 1534.
Le Sultan Hafside, Mawlay Hassen, pour couvrir son royaume, fit appel à Charles Quint, qui se porta au secours du sultan detrôné, et au début de l’été 1535 se dirigea vers Tunis en chassant les Turcs et en remettant sur le trône Mawlay Hassen qui signa un traité (le 6 août 1535), le mettant sous la dépendance des Espagnols qui occupèrent la Goulette.

6)  Tunis: ville Ottomane:

A l’automne 1573 Don Juan d’Autriche chassa les Turcs de Tunis et laissa un corps d’armée de huit mille hommes, qui construisirent entre les murs de la ville et les rives du lac une nouvelle forteresse, Nova Arx .
En 1574 les Turcs vinrent mettre le siège devant la Goulette et Tunis, et forcèrent leurs garnisons à capituler. Après cette conquête commandée par Sinan Pacha, l’Ifriqiya devenait une province de l’empire ottoman administrée par un gouverneur portant le titre de Pacha avec le concours d’une milice Turque de trois mille hommes.
Quelques années ont suffit pour que le pouvoir passe du pacha, représentant le Sultan de Constantinople, aux chefs de la milice (1591) et des chefs de la milice à un dey reconnaissant la suzeraineté ottomane , gouvernant le pays en maître absolu (1595). L’un d’eux Murad Bey transmet sa charge à son fils qui la laisse à sa descendance fondant ainsi la dynastie des Beys Muradites, dont les princes arriveront dans la deuxième moitié du XVIIème à subordonner les deys et finiront par régner en souverain.
Durant les premières années du XVIIIème siècle, un officier de la milice qui a assuré la défense victorieuse du pays, envahi par les Algériens, Hussayn Ibn Ali, est porté à la magistrature suprême avec le titre de Bey et réussit à transmettre sa charge à des princes de sa lignée, et fonda ainsi la dynastie husseinite.

Cadre Urbain

1) Plan de la ville:

La médina de Tunis se présentait sous une forme ovale, entourée d’une muraille continue et dominée par une Kasba, siège du gouvernement Almohado-Hafside. Elle s’édifie autour du centre religieux de la grande mosquée Ezzaytouna, ouvrant sur une large esplanade servant à la fois de marché, de lieu de réunions publiques et de place pour les parades militaires, au voisinage de laquelle s’ordonnaient les Souks des marchands et des artisans. Autour de ces souks s’élèvent les habitations particulières avec leurs ruelles étroites.
Le tracé des artères de la ville est loin d'être rectiligne. Il dérive très souvent à droite et à gauche pour donner naissance à des ruelles étroites et à des impasses et cul-de-sac en grand nombre. Ce qui donne l’impression en parcourant la médina et ses faubourgs qu’aucune réglementation précise n’est intervenue, depuis la conquête de Hassan Ibn Nomâne (698), dans l’alignement des rues et la construction des habitations. En fait Tunis s’est développée sans aucun plan. Les maisons étant alignées en bordure des limites ou des prétendues limites de constructeur et non sur celles du domaine public le plus souvent imprécis, d’où la création de ruelles tortueuses, se terminant, assez souvent, en cul-de-sac.

2) Les remparts et les portes (Bab):

Tunis est devenue un véritable carrefour. Les besoins de circulation routière ont également commandé l’orientation des portes de l’enceinte de la ville. On comptait pour la première enceinte (celle de la Médina centrale) un nombre de Sept portes, quant à la seconde enceinte (des faubourgs), elle renferme dix portes (cinq pour le faubourg Nord et cinq pour le faubourg Sud). Peu à peu, l’enceinte de la médina est tombée en ruine, pour disparaître complètement entre 1860 et 1890. Quant à la seconde, elle est encore visible, depuis Bâb -El- Khadra jusqu’à Bab-Gorjani, en passant par la Kasbah.
Ces remparts étaient doublés d’un fossé creusé à distance: grâce à cette double fortification l’accès de la ville, en cas d’attaque était rendu plus difficile.
Parmi ces portes, on cite:
  • Bab EL -Bahr: (porte de la mer)
Appelée ainsi pour sa situation du coté du lac et de la mer. Cette porte est appelée par Les européens «porte de France» nom qui a commencé à se répandre vers 1890.
Cette porte remonte, certainement, à une période plus ancienne de l’histoire de Tunis musulmane. Elle a été l’objet de remaniements continuels à travers les siècles.
  • Bab carthaginna; (porte de Carthage)
Ainsi appelée parce qu’elle donnait accès à la route terrestre qui menait à Carthage, et a disparu bien avant 1881. A l’époque arabe la route de Carthage était surtout utilisée pour le transport des matériaux de construction que l’on retirait des ruines de la vieille cité romaine
  • Bab Souika (porte du marché)
Lieu où existaient la vente et l’achat de marchandises venues surtout de Bizerte, Béja et du Kef.
  • Bab EL Menara: (porte du fanal)
Nom rapporté par une tradition, à cause d’un phare qui surmontait l’ancien palais des Beni Khorassân. Selon une autre hypothèse, il s’agit d’une grosse lampe à huile qui était placée dans une niche d’un des piliers de la porte et qu’on allumait la nuit pour éclairer les caravanes qui longeaient la route des remparts.
  • Bab Al-Djazira: (porte de la presqu'île)
C’était une des plus vieilles porte de Tunis, orientée vers le Cap Bon et donne passage aux voyageurs qui se rendaient à Kairouan. Elle débouchait à la rue des teinturiers.

3) Les axes de la ville:

Tunis est une création originale de la route terrestre qui passait à travers l’isthme étroit où la ville a pris naissance. Les fonctions de relais, de passage et de transit qu’elle assurait dès l’aube de l’histoire et que l’intervention de l’émir Hassen Ben Nomane a renforcé, paraissent avoir commandé l’orientation de certaines rues transversales de la médina, qui relient entre les deux faubourgs celui de Bab-Souika au Nord, et de Bab El Djazira au Sud.
A coté de cet axe, deux artères principales joignent parallèlement la porte de la mer, l’une à la Mosquée Ezzaytouna (appelée aujourd’hui rue de la grande Mosquée) et l’autre à la Kasbah.
L’axe Nord-Sud est le principal trajet urbain qui axait Bab Souika, Bab Al Djazira et empruntait les rues Sidi Mehrez, Souk-El Hoût, Souk -El Grana, Sidi Saber et la rue des teinturiers, sans que cet itinéraire ait une valeur absolue, vu l’enchevêtrement actuel des rues arabes.
Un trajet extérieur empruntait le chemin qui longeait les remparts du coté du lac et qui devait donner naissance à l’époque moderne aux rues Bab Souika, Bab Carthagène, des Maltais et Al Djazira.
Un second trajet extérieur longeait les remparts a l’Ouest, moins utilisé parce qu’il fallait contourner l’obstacle de la colline: La Kasbah.
Ces quatre voies principales aboutissant chacune à une porte ouverte dans les remparts et partagent, de la sorte, la ville en quatre grand quartiers.

4) La Kasbah:

Depuis que le souverain Aghlabite, Ibrahim II eut décidé de quitter Kairouan, en 893 pour s’installer à Tunis, la Kasbah est devenue un lieu déterminant du pouvoir. Conçue comme une cité indépendante, puissamment fortifiée et séparée de la médina par un mur, elle s’était substituée à la cité dans les domaines politique et militaire.
La Kasba est la plus ancienne caserne de Tunis. A l'origine, elle était une citadelle dont les remparts s'adossaient à ceux de la Médina.
Ce lieu extérieur à la ville fut renforcé (en 1235) par l'édification d'une mosquée, qui s'appelait, à l'origine, Mosquée des Almohades ( édifiée par le fondateur de la dynastie hafside Abou Zakaria Ier).

Les Rues :

De Bab Souika à Bab El Jazira

1) Rue du Pacha

La rue du Pacha, primitivement nommée Rue «Dar Al Bacha», parce qu’on y trouvait sa demeure, qui fait partie d’un secteur de la ville, proche de la Kasba.
Au cour de la première période de l’occupation, les Turcs installèrent cette institution importante, qui accomplissait à la fois la fonction de résidence du Pacha et siège de l’intendance, chargée de payer les membres de l’administration Turque.
Cette rue trouve aussi son importance dans sa proximité de plusieurs institutions Ottomanes.

2) Rue Sidi Ben Arous

Cette rue doit son nom au savant docteur et ascète Abou El Abbès Ahmed Ben Arous, fondateur de la confrérie des «Aroussiya», qui est une branche des «Chadhîliya». Originaire du cap Bon, «Sidi Ben Arous» mourut à Tunis en 1460, et fut enterré dans la mosquée de Hammouda Pacha le Mouradite, mitoyenne à la Zaouia de Sidi Ben Arous.

3) Rue Tourbet El Bey

Le nom de cette rue provient du plus vaste mausolée princier légué par les husseinites, élevé sous le règne de Ali Pacha II (1758-1781).
Cette rue compte parmi les plus importantes artères de la ville. Elle relie le faubourg Sud, de Bab El Jazira, au quartier de la grande mosquée.
Dans le cadre d’un projet de rénovation et d’aménagement du secteur proche des teinturiers, le fondateur de la dynastie husseinite, Hussein Ben Ali, aménagea les souks, édifia des habitations, et éleva un complexe religieux constitué, essentiellement, d’une mosquée, d’une médersa et d’un mausolée.
Dans ce même secteur, plusieurs grandes et belles habitations furent construites comme Dar Ben Abdallah, Dar El Mokrani, Dar Ben Salem et Dar Lakhoua.

Les Souks Histoire qui continue

La plupart des Souks de Tunis ont été édifiés à partir du XIIIème siècle. Mais il est certain que la vie artisanale existait bien avant cette date qui marque l’arrivée au pouvoir des sultans Hafsides.
Seuls les souks «nobles» ne causant aucune nuisance, bruit ou mauvaise odeur côtoient la grande mosquée (Mosquée Ezzaytouna) qui constitue le cœur de la médina.

1) Souk El-attarine: (Souk des parfumeurs)

Ce souk a été créé sous l’ordre du fondateur de la dynastie Hafside: Abou Zakariya Ier en 1240 J.C.
Longeant la façade Nord de la mosquée Ezzaytouna , Souk El Attarine a gardé sa fonction d’origine qui est la vente d’essences de parfums, d’encens, ainsi que celle de différents ingrédients (minerais et plantes) utilisés dans la préparation des produits de beauté traditionnels, qui continuent à avoir cours, malgré l’invasion des produits industriels.
Bougieset cierges se trouvent ici en bonne place, réunis en chandeliers à cinq branches. Ils constituent l’offrande privilégiée aux saints, et brûlent pendant la cérémonie de l’application du «henné» à la mariée.
Les corbeilles capitonnées de satin aux couleurs pastel sont destinées à contenir les cadeaux offerts par le fiancé à sa future épouse.
Comptoirs et étagères en bois sculpté attestent de l’ancienne richesse de cette corporation. Au XVème siècle, Anselme Adorne notait que «les boutiques des parfums vendaient leurs longs flacons décorés à une clientèle nombreuse et elles étaient les dernières à fermer chaque soir»

2) Souk El –koumach: (souk des étoffes)

Longeant le côté Ouest de la grande mosquée, Souk El Koumech fut fondé par le Sultan Abou Amr Othman au IX/Xème siecle.
Il est constitué de trois allées séparées par deux rangées de colonnes. L’allée centrale conçue pour la promenade et la circulation, est plus large que les allées latérales sur lesquelles donnent les boutiques où on y vend des vêtements, typiquement tunisiens, et des étoffes.
Couvertes de berceaux longitudinaux, ces allées prennent le jour par des lanterneaux perçant la voûte centrale. Le même système de lanterneaux permettait l’éclairage naturel des boutiques, avant la généralisation des faux plafond, des mezzanines et l’invasion des lampes électriques.
Deux portes défendent l’accès du souk; celle du côté Souk El Attarine est caractérisée par deux colonnes à chapiteaux hispano-maghrébins.

3) Souk Ech-chaouchiya: (Souk des Chéchias ou bonnets en laine)

Le chroniqueur Al-Wazîr Al-Sarrâj affirme que Muhamed Bey ordonna en 1691-1692 la construction de trois Souks de «Chéchias».
Ces Souks occupent la zone de ceux qui sont proches du palais du gouvernement, comprise entre la rue Sidi Ben Arous, la rue de la Kasbah et Souk el Bey.
Au début du XVIIème siècle, les immigrés morisques donnèrent à l’artisanat des «Chéchias» une impulsion telle que cette fabrication devient, pendant une longue période, la première industrie du pays.
La coiffure appelée «Chéchia» est une sorte de bonnet, demi sphérique en laine feutrée de couleur rouge, avec ou sans gland de soie noire ou bleue foncée.
Les «chaouachias» (fabriquants de «Chéchia») sont tous d’origine andalouse et ont apporté d’Espagne leur procédé de fabrication.
La confection d’une «Chéchia», depuis le tricotage jusqu’au feutrage, teinture et finition, exige au moins deux mois de travail.
Le tricotage de la laine se fait à l’Ariana (banlieue de Tunis), la couture au faubourg de Bab Souika, lavage et foulage dans le pont-barrage d’El–Battan (prés de Tébourba), teinture à Zaghouan et mise en forme, feutrage et finition dans les ateliers des trois Souks des «Chéchias» de Tunis.
Dans ces ateliers, travaillent les ouvriers et les apprentis sur des bancs en bois, adossés aux murs. Le patron qui se tient derrière un comptoir, accueille la clientèle (signe de la noblesse de ce métier).
Ceux ci produisaient quelques 40.000 douzaines de bonnets vendus à tous les pays méditerranéens. Les tunisiens formaient une compagnie «O.Istambul» où ils contrôlaient ce négoce.

4) Souk EL Berka: (marché aux esclaves)

Edifié au cœur du centre commercial de la cité, Souk El Berka est perpendiculaire au Souk des Turcs, à hauteur du Souk El Bey, et à proximité du palais du gouvernement.     Il fut édifié (sous les turcs) par Youssef Dey en 1612, pour la vente des esclaves (activité défendue dès 1841) et les butins .
Actuellement, il est affecté à la vente aux enchères des bijoux d’or et d’argent.
Ce souk est un carrefour de quatre rues, formant une petite place divisée en trois allées, séparées par deux rangées de colonnes portant des voûtes d’arêtes, comme couverture , les boutiques s’ouvrant tout autour.

5) Souk Es-Sabbaghine: (marché des teinturiers)

Situé dans la rue du même nom qui débouche sur Bab El Djazira, au quartier Sud-Est de la Médina centrale, Souk Es-Sabaghine est connu par la concentration des artisans teinturiers.
Cette technique consiste à teindre, surtout, des cotonnades et écheveaux en bleu marine. Souk Es-Sabbaghine, et ses artisans, bien que leur technique ne soit plus autant répandue, existe encore au même endroit.

6) Souk En-nessa: (marché des femmes)

Ce Souk est localisé au Sud de la mosquée Ezzaytouna, perpendiculairement au Souk de la laine.
Il a été ainsi nommé parce que, de préférence, les femmes y venaient acheter et vendre des produits de l’industrie familiale: dentelles et vêtements féminins, voiles, etc.
Cette spécialisation a disparu et beaucoup de vêtements anciens sont tombés en désuétude (exemple: les voiles noirs)

7) Souk Blaghjïa

Le Souk remonte à l’époque du Sultan Hafside Abou Zakariya (au XIIIème siècle).
De par l’existence de la Madersa Ech-chammaïya dans ce Souk, ce dernier était connu sous le nom de «Souk Ech -chammïyn» (fabricants de cierges).
Avec les Mouradites, le Souk devenait un marché des fabricants et marchands de «Balgha» (pantoufles en cuir jaune servant de marche pour les hommes) et «Chebrella» (pantoufles pour les femmes, fabriqués en cuir de chèvres avec un contour de couleur jaune).
En 1890, on comptait 800 fabricants du «Balgha» dans 150 boutiques, assistés par 175 maître artisans

8) Souk El-Leffa (Marché des Tissus en laine)

Comme Souk En-nessa et Souk El Attarine, Souk El- Leffa est situé dans les environs de la grande Mosquée Ezzaytouna.
Il est appelé, aussi, «marché des Djerbiens» (c’est à dire des commerçants originaires de l’île de Djerba) qui vendent des vêtements et couvertures en laine tissés à Djerba ou d’autre provenance surtout du Djerid (Tozeur) et Gafsa.
On y reconnaît, aussi, des artisans fabriquant le «Safsari», voile dans lequel s’enveloppe la femme

Les Mosquées : La force de la religion

1) La grande mosquée EZ-Zitouna ou Zitouna

La grande mosquée de Tunis est universellement connue sous le nom de Jamâa EZ-Zitouna «Mosquée de l’olivier». Elle est le plus vaste et le plus vénérable sanctuaire de Tunis.
Située au cœur de la ville, sa fondation se confond avec celle de la cité (78H/698j.c), par le gouverneur Omeyyade Hassan Ibn Noomâne, à l’intérieur même d’un fortin Byzantin.
Elle bénéficia de grands travaux, menés en 114H/732J.C, par le gouverneur Abdallah Ibn EL Habhab. Mais c’est avec l’Emir (prince)Aghlabide Abou Ibrahim Ahmed (241-249h/856-864J.C.) que les constructions initiales furent démolies en vue d’un agrandissement du sanctuaire. Et c'est d'ailleurs à ce prince que nous devons l’essentiel du monument actuel.
La coupole du «Mihrab» remonte à cette époque, mais celle de la cour dite Quoubat El-Bahou est une fondation de la période Sanhajienne (381h/991J.C.).
Quant au minaret actuel, il a été édifié à la fin du XIX ème siècle (1896).

2) La mosquée de Youssef Dey:

Une inscription historique qui surmonte l’entrée axiale de la salle de prière indique la date des débuts des travaux de construction de l’édifice: 13 Nov 1614 et la date de la fin de ces même travaux 14 oct 1615.
Située sur le quartier proche de la Kasbah dans la rue de Sidi Ben Ziyad, elle est bordée sur le côté Nord par des boutiques faisant partie du Souk des Bashâmkiyya (Vendeurs de mules de cuir).
De point de vue architectural, cette mosquée relève d’une influence orientale ottomane. Elle a même constitué un prototype pour une série de mosquées élevées dans la capitale, avec une cour enveloppante sur trois côtés, et un minaret élancé à section octogonale.
Sur le même terrain Youssef Dey fonda une Medersa pour l’enseignement de la doctrine Hanafite.
Deux ans après la mort de Youssef Dey en 1639, son fils bâtit un mausolée qui fait partie d'un complexe architectural, l’une des caractéristiques orientales.
Par son association avec des édifices religieux, ce mausolée a la forme d’une coupole en pavillon, couverte avec des tuiles vertes selon le mode de couverture des pavillons de l’Alhambra, puisqu’elle est l’œuvre d’un architecte d’origine Espagnole.

3) La Mosquée de Hamouda Pacha:

La mosquée Hamouda Pacha est située non loin de sa demeure et du palais du Bey. Son édification remonte au début du mois de Janvier 1664.
Elle constitue l’une des plus belles mosquées de Tunis, faisait partie d’un ensemble architectural qui s’organisait autour d’elle.
Elle est bordée sur le côté Ouest par la rue de Sidi Ben Arous, et du coté Sud par la rue de la Kasbah.
De par son plan et son architecture, cette mosquée offre d’étroites analogies avec le modèle architectural de la mosquée Youssef Dey. Cependant des différences sont décelées au niveau de la surface et du décor. En effet la mosquée Hamouda Pacha est plus vaste et plus richement décorée.
Dans cette mosquée, Hammouda Pacha avait prévu deux espaces sépulcraux intégrés dans sa fondation:
  • Un premier espace dit «Tourba basse»: rejeté derrière le flanc Sud de la mosquée et réservé aux femmes et aux enfants;
  • Le second est une «Tourba» d’un aspect monumental occupant l’angle Sud Ouest de la cour de la mosquée, où il enterra la dépouille de son père, et après son décès en 1666, lui même fut enseveli dans cette enceinte.

4) Mesjed EL-Koubba:

C’est un édifice constitué d’une coupole à claire-voie qui sert aujourdhui de porte d’entrée à cette petite mosquée.
Portée par un Tambour hexagonal, elle se rattache au type de coupole funéraire du X et XIème siècle.
A l’intérieur, deux colonnes à chapiteaux corinthiens divisent la salle en trois nefs et deux travées, et portent les quatre voûtes d’arêtes constituant la couverture.
L’intérêt de ce monument est dû essentiellement à son histoire. Durant quatre années, le grand Abderrahmâne Ibn Khaldoun y donna des cours.
Cet historien-philosophe né en 1332 (dont la famille originaire de Séville arriva à Tunis lors de la première émigration Andalouse) fut le plus célèbre du monde musulman. Avec cinq siècles d’avance, il a lancé les bases de l’histoire et de la sociologie moderne.

Les demeures et les palais

Certaines habitations de la Médina, construites au cour des siècles passés, sont aujourd'hui ouvertes au public.
En arabe, on les appelle les «Dyar». Naguère, jalousement gardées par leurs riches propriétaire, ces belles demeures abritent aujourd'hui associations et institutions publiques.

1) Dar Hussein

L’essentiel de l’édifice fut construit par Ismaïl Kahia, ministre et gendre de Ali Bey (1758-1781).
Au début du XIXème siècle, Youssef Sahib Et-Tabaa, ministre favori de Hammouda Pacha, entreprit l’agrandissement et l’embellissement de ce palais en vue de son mariage avec la princesse Fatma (sœur de Hammouda Pacha). Son assassinat par ses rivaux mis fin à ce projet (1815).
Le palais fut choisi comme siège de la municipalité créée à Tunis en 1858. Ainsi, le général Hussein, premier président du nouveau conseil municipal, fut autorisé à habiter une partie du palais qui porta son nom.
En 1882, lorsque le général Forgemol, commandant des troupes françaises de Tunisie, entra à Tunis, il décida de s’installer avec son état-major dans ce bâtiment, symbole de l’autorité sur la capitale.
Dar Hussein est actuellement le siège de l'Institut national du patrimoine (Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine)

2) Dar Lasram

Hamouda Lasram, riche propriétaire terrien et haut fonctionnaire militaire, se fit construire au XIXème siècle un palais, qui abrita ses descendants jusqu’en 1964.
En 1968, et après sa mise en vente par les héritiers de la famille Lasram, il fut acquis par la commune.
Ce palais se compose de trois niveaux, un rez-de-chaussée occupée par les communs, un rez-de-chaussée surélevé comprenant l’habitation principale, et un étage réservé à la maison des invités.
L’entrée en chicane qui protège la cour de la demeure du regard extérieur, ouvre sur des vestibules permettant de desservir les espaces intérieurs. Un premier vestibule, muni de banquettes en maçonnerie, servait de salle d’accueil pour les visites et les réunions d’affaires. A droite de l’entrée, une pièce appelée «la chambre des veillées», était réservée aux hommes de la maison et leurs amis les plus proches. A gauche de l’entrée un escalier conduit vers l’étage des hôtes, organisé indépendamment autour d’une cour.
Le deuxième vestibule qui dessert la maison de service: cuisines et chambres des domestiques, qui se répartissent autour d’une cour, où la simplicité des matériaux contraste avec la richesse de la cour des maîtres.
De cette cour, on accède au magasin à provision, écuries et remise pour les carrosses.
Deux jardins intérieurs prolongent cet espace, qu’une porte met en communication directe avec la rue.
L’habitation principale, regroupe les appartements des différentes branches qui occupaient le palais, dans le cadre de la famille patriarcale.
Parmi les chambres principales, deux d'entre elles conservent le plan classique en T, alors que la salle d’apparat, se distingue par un plan cruciforme.
Le tout s’organise autour d’une cour principale (ou patio), comme c'est le cas de toutes les habitations de la Médina.

3) Dar Romdhane Bey

C’est une riche demeure, située au milieu de l’embranchement formé par les rues Ben Nejma et Sidi Mefrej, à l’extrémité de la rue Sidi Ben Arous.
Sa porte, qui s’ouvre dans la rue Ben Nejma, s’inscrit dans un double encadrement de pierre «Kaddhal» et de «Harsh» caractérisé par un arc outrepassé que surmonte un large linteau appareillé.
On pénètre dans la cour par une «Driba», formant, ainsi, une isolation phonique et visuelle entre les espaces intérieurs et extérieurs.
Les espaces intérieurs s’organisent autour d’une cour (patio), caractérisée au niveau de sa partie Ouest par un portique qui se dresse devant la chambre d’honneur, puis de deux chambres simples donnant directement sur le patio.
Le reste de la demeure est constitué par une courette rectangulaire, à double portique en équerre, desservant trois pièces, la cuisine, la chambre à provisions et une pièce d’ablutions avec latrines.
Les caves établies sous les deux chambres latérales sont destinées à la conservation des provisions de l’année.

Les Medersas : le Savoir

1) La Médersa Al-Shammaiya: (des fabricants de cierge)

Elle se situe à l’impasse du même nom, qui est à l’intersection de la rue El Jeld et le Souk El Blaghjya.
Cette Medersa, fondée au début du XIIIème siècle par le fondateur de la dynastie Hafside Abou Zakkariya Ier, fut la première dans l’Afrique du Nord.
Elle était destinée à diffuser l’orthodoxie Sunnite: les idées unitaristes d’Ibn Tûmurt, et de former des fonctionnaires compétents et devoués.
Cet édifice a fait l’objet de différentes compagnes de réfections, et fut complètement remis à neuf par le Dey Ahmed Khouja, en 164

2) Médersa El Mouradia

L’édifice s’élève au bord du Souk des étoffes, face à la grande Mosquée Zitouna.
C’est une fondation de Mourad II (fils de Hammouda pacha), et connue également sous le nom de Medrassat Al-Tawba. La date d’achèvement de sa construction étant 1673.
La Médersa El Mouradia (ou Madersa de Murad II) est le premier établissement édifié par un représentant du pouvoir Ottoman, affecté à l’école juridique malékite.
Au niveau architectural, elle ressemble à toutes les autres Médersas, caractérisées par un patio qui centralise quatre côtés, dont trois abritant des espaces réservés aux étudiants. Le quatrième étant le Masjed (salle de prière).

3) Médersa Slimania

La construction de cette Médersa a été ordonnée par Ali Pacha en 1754.
Elle fut dédiée à la mémoire de son fils Soliman, mort empoisonné par son propre frère. Pour attirer la sympathie de la population locale, il affecta cette œuvre aux étudiants malékites.
Elle se distingue, sur le plan architectural, par un porche monumental, couronné d’une corniche en tuiles vertes, dont les arcs reposent sur des colonnes en marbre à chapiteaux néocorinthiens. Ce porche précède une porte d’entrée cintrée et à claveaux bicolores.
Cette dernière donne accès à un vestibule couvert par un berceau interrompu par une voûte d’arête. Doté de banquettes maçonnées, le vestibule donne accès à un patio rectangulaire, bordé sur les quatre côtés par des galeries, dont les arcs appareillés en briques pleines, sont enduits et peints en noir et blanc.
Ces arcs en plein cintre reposent sur des colonnes, en calcaire clair, couronnés de chapiteaux à volutes.        Aux quatre angles de la cour, les colonnes sont accolées par trois.
Les chambres d’étudiants sont organisées autour des trois côtés de ces galeries.
Tout au long de la galerie du quatrième côté, on décèle un Masjed qui se compose de quatre nefs parallèles à la «Kibla» (direction de la Mecque).
Les colonnes qui supportent les arcades de cette salle sont taillées dans le calcaire clair, et couronnées de chapiteaux à volutes.
Quant aux parties inférieures des murs, elles sont tapissées de panneaux de céramique polychromes, au dessus desquels une frise épigraphique en cursive orientale portant un texte religieux vient garnir l’espaces.
Le mihrab, complètement tapissé de marbre de couleur, importé d’Italie, se distingue comme les autres Médersa du pacha, par sa coupole hémisphérique dont le tambour octogonal s’appuie sur des trompes d’angle.

4) La Médersa El-Bachiya

Selon l’inscription qui surmonte la porte de l’entrée principale, l’édifice est construit en 1752 par le fondateur de la Bachiya, Ali Pacha.
Elle reproduit le plan classique d’une Médersa. Des chambres individuelles pour le logement des étudiants s’ouvrent sur les trois côtés de la cour centrale, alors que le quatrième côté est occupé par un Masjed: salle de prière, mais aussi salle de cours et bibliothèque pour dispenser un enseignement selon le rite Hanafite.
A droite de l’entrée un «Sébil» ou fontaine publique, que Ali Pacha adjoignit à sa fondation. Un bac en pierre, placé derrière les barreaux d’une fenêtre, était constamment rempli d’eau.
Les passants pouvaient, à l’aide de tasses en cuivre, se servir à travers les barreaux.
La médersa compte treize chambres dont l’usage est strictement individuel, mais plus tard, les Médersas furent sur-occupées et les étudiants vivaient à deux et parfois à trois par chambres.

Tourba et Zaouiya : le mythe ...

La Zaouïa: est ordinairement un édifice placé sous l’invocation d’un saint personnage qui, dans la plupart des cas, s’y trouve enterré.
Elle peut aussi avoir été élevée en l’honneur du fondateur d’une confrérie musulmane étrangère par les membres de cette confrérie qui en font alors leur lieu de réunion. La Zaouïa comprend toujours un oratoire et une pièce qui sert de refuge aux indigents. Elle est parfois le siège d’une école coranique et sert aussi d'espace de rencontre pour les lecteurs du coran.

1) Zaouia Sidi Ben Arous

Connu par sa sainteté, Sidi Ben Arous est originaire d’un village du Cap -Bon. Il quitta très tôt sa famille pour Tunis, où il exerça différents métiers (boulanger, menuisier…).
Un voyage à travers le Maghreb, le conduisit au Maroc, pays du soufisme, où il s’initia aux pratiques maraboutiques. A son retour il s’installa dans un fondouk qui occupait l’emplacement de cette Zaouïa. C’est le Sultan Hafside qui construisit lui- même en 1437 la Zaouïa du Saint homme.
En 1654, les visiteurs (appelés aussi Zouars) et les femmes venaient tellement nombreux, que le grand Kadhi en ordonna la fermeture. Mais quelques mois après, il a du revenir sur sa décision.
Au moment de la construction de la mosquée attenante (et surélevée plus récemment d’un étage), la Zaouïa garda l’essentiel de son plan initial.
L’entrée en chicane donne accès à la cour pavée de pierre et entourée d’une galerie. Un défoncement sur le côté gauche rappelle l’iwan(le porche) persan. A droite, la salle de prière, de petites dimensions, était utilisée par les visiteurs de la Zaouïa. Face à l’entrée, la chambre funéraire à coupole, s’adosse à Tourbet Aziza Othmana .

2) Zaouïa de Sidi Al-Klaii

Selon une inscription qui surmonte la porte d’entrée, cette Zaouïa située à rue de Sidi Ben-Arous, fut fondée par le calife Hafside Abû Yahia Zakaria:
«Basmala-Tasliyya.
Cette Zaouïa bénie, a été bâtie sous l’ordre du Calife, de l’Imam, agrée au gouvernement de l’Islam, Abû Yahiâ Zakarya (que Dieu l’affermisse et lui donne la victoire!), fils de nos seigneurs et maîtres les Califes orthodoxes, en l’an 896, par les soins du Caîd Abderrahman Al-Misrî
(que Dieu très Haut le traite avec bonté!)»
De point de vue architectural, l’édifice marque un plan carré, son niveau du sol est plus élevé que celui de la rue de Sidi Ben Arous.
On y accède par un escalier, puis par un vestibule couvert de plafond en bois. Cet espace mène, directement, à une cour bordée sur le côté Nord par une galerie couverte de plafond en bois, surmonté par une corniche de tuile creuse verte, et porté par deux colonnes et trois arcs en plein cintre.
Au milieu de la galerie s’ouvre la porte d’une grande salle.
Les deux côtés Ouest et Sud sont formés de deux chambres, ayant chacune une porte encadrée de pierre calcaire, qui diffèrent des autres portes aménagées très récemment.

3) La Zaouïa de Sidi Brahim Riahi

C’est un monument qui remonte à la deuxième moitié du XIXème siècle, fondé par Ahmed Bey Ier en 1850.
Cet édifice abrite la tombe d’Abou Ishak Ibrahim Ben Abdelkader Riahi, né à Testour à la fin du XVIIIème siècle, qui est arrivé à Tunis au début du XIXème siècle. Il a étudié à la Médersa du «Hwanit Achour», puis à «Bir-Al-Ahjar», et il est devenu le dirigeant de la confrérie «Tijaniaà», et le magistrat de la ville de Tunis à l’époque de Hammouda Pacha.
Le monument est situé à la rue qui porte le même nom de la Zaouïa, non loin de la rue de Pacha.
On y accède par une entrée en chicane qui mène à une petite cour de forme carrée, non couverte, entourée du Nord et de l’Ouest par deux chambres réservées aux visiteurs et aux fidèles de la Zaouïa.
A l’Est de cette cour, se trouve l’oratoire, couvert d’une grande coupole avec une très belle décoration en plâtre. Cette coupole, qui domine le monument avec ses tuiles creuses vertes, a été restaurée par Sadok Bey en 1878. Dans cet oratoire, on décèle une porte qui s’ouvre vers une petite chambre réservée à la tombe de Sidi Brahim.

4) Tourbet-El-Bey

Les Turcs Hanafites avaient introduit la tradition de construction de somptueux monuments aux morts, appelés Turbès ou Tourba.
Tourbet El Bey (ou aussi Tourba des Beys), mausolée des princes husseinites, élevé sous le règne de Ali Pacha II (1758-1782), est le plus vaste monument du genre à Tunis. Il abrite les sépultures de la famille princière husseinite.
Il présente une imposante façade, en grés ocre, d'où se détachent des pilastres et des entablements en pierre sculptés de motifs floraux en bas relief de style italianisant.
Tourbet El Bey se compose d’une succession complexe de salles, organisées autour de deux patios.
Cette organisation résulte des agrandissements successifs, opérés aux dépens de bâtiments limitrophes au noyau central, au fur et à mesure des besoins, pour qu’il puisse englober toutes les tombes des souverains et de leur famille, celle d’un certain nombre de leurs ministres ou de leurs serviteurs fidèles privilégiés.
La grande salle carrée renferme les tombes des beys du trône, c'est-à-dire, ceux qui ont effectivement régné. Cette salle retient, exceptionnellement, l’attention: il s'agit d'une réplique en miniature des mosquées Ottomanes.
Quatre gros piliers soutiennent une coupole centrale contre butée par des demi coupoles sur les quatre côtés. Aux angles de la salle, quatre petites coupoles achèvent la couverture. La décoration intérieure allie parfaitement la marqueterie de marbre polychrome au goût italianisant, à la sculpture sur plâtre.
Les tombes creusées dans le sol sont recouvertes de coffres de marbres, abondamment ornées de motifs en bas-relief, au dessus desquels se dressent des colonnes prismatiques, gravées d’épitaphes et surmontées d’un couvre chef, pour les défunts de sexe masculin. La forme en «Turban» ou en «Tarbouch», sculpté dans la pierre, correspond au changement de mode dans le costume officiel.
Les tombes des femmes sont signalées par deux plaques de marbre, celle qui est du côté de la tête est gravée d’une épitaphe.

Ibn Kaldoun

«Ibn Khaldoun», né à Tunis en 1332, est passé à la prostérité grâce à son incontestable apport à la pensée philosophique et à l’histoire.
Musulman d’origine andalouse, il avait effectué ses études à l’université de la Zitouna, où plus tard, il dépensera à son tour, son immense savoir.
Dès l’âge de vingt ans, il entama une brillante carrière de fonctionnaire, qui le conduit tour à tour à la cour du Sultan Hafside Ishaq Ibrahim, où il occupa le poste de garde des sceaux, avant de remplir, l’année suivante, les fonctions de secrétaire particulier du prince Abou Imam. Il devient, ensuite, ambassadeur du roi de Grenade et finit par rejoindre L’Egypte, où il se voit offrir une chaire d’enseignement à la prestigieuse université d’Al- Azhar.
Néanmoins, plus encore que sa carrière politique, c’est son parcours scientifique qui lui a permis d’accéder à la renommée.
En1372, retiré un temps du pouvoir dans la ville algérienne de Frenda, il se concentra pendant quatre années, à la rédaction de plusieurs ouvrages, à commencer par la «Muqaddima» (les prolégomènes), introduction à une histoire universelle des arabes, des persans et des berbères intitulée «Kitab Al Ibar» :deux écris majeurs dans lesquels il développa son analyse historique sur les échanges économiques et sociaux, et qui font de lui le précurseur de la sociologie.
Ses travaux de recherches le conduisaient à faire de l’Histoire une science à part entière, avec ses méthodes et ses lois, donnant aux faits historiques une cohérence d’ensemble.
De même, son étude de la géographie ne se limitait plus aux seules observations physiques des lieux, mais s’enrichit d’analyses économiques et climatologiques.
Quant à sa vision sociale, elle ne se limite plus à la seule communauté humaine, considérée jusque là, uniquement, comme un lieu de guerre, de lutte ou de révolte de palais: pour Ibn Khaldoun, la société constitue l’objet réel de l'Histoire.
Il devient donc nécessaire de rechercher des lois qui déterminent les structures économiques et politiques de chaque communauté. En ce sens, il démontre le rôle primordial de la cohésion sociale, «l’asabiyya», soutenue, entre autres forces, par la religion.
De nos jours trois de sept volumes manuscrits de l’ouvrage d’histoire d’ Ibn Khaldoun se trouvent à la bibliothèque de la Qaraouyyin à fès.
A Tunis, une statue a été érigée sur l’avenue Habib Bourguiba (en plein centre ville), en hommage à son immense contribution aux divers domaines de la connaissance
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Mise à jour le Mardi, 05 Juillet 2011 10:37