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EL GEDWA : Système d'Inventaire Global du Patrimoine

El GedWa est un système d’inventaire global du patrimoine qui intègre toute information essentielle pour la gestion efficace et en temps réel de ce patrimoine, il permet de lier l’aspect documentaire à l’aspect cartographique ;

Parmi les documents possibles à archiver par le système El GedWa on peut citer :
•    textes (livre, article, texte juridique, courrier, etc.)
•    photos
•    plans
•    vidéos
•    sons
•    etc.

IPAMED – spécification et concept:

Système Informatisé ?

Si l’Atlas est un « vieux » projet qui sert encore de base à toute étude du patrimoine archéologique de la Tunisie, le catalogage est un projet ponctuel même s’il devrait continuer à vivre et à être mis à jour chaque fois que nécessaire. Les autres activités d’inventaire continuent parfois selon la même méthode engagée il y a des années sans recours aucun à des outils pratiques et modernes.

Tous ces procédés furent et demeurent d’un apport certain. Il n’est nullement question de les « réduire » d’autant plus qu’ils ne peuvent que contribuer à la réalisation aussi bien du SIG que de la GED donc servir de base au projet IPAMED. Ce dernier, parce qu’il est global, met fin à l’absence d’harmonisation  et de cohérence qui font que chaque service ou projet évolue seul d’où des redondances, du gaspillage d’énergie et d’argent.

Le SIG « est un système informatique permettant, à partir de diverses sources, de rassembler et d’organiser, de gérer, d’analyser et de combiner, d’élaborer et de présenter des informations localisées géographiquement, contribuant notamment à la gestion de l’espace ».

Cette définition résume le dilemme qui continue à occuper certains esprits: peut-on ignorer un outil nouveau, plus efficace et de loin plus rentable ? La réponse nous paraît évidente.

Le projet IPAMED s’inscrit dans une logique de la formation et de transfert d’un savoir faire ;  son application au sein de l’organisme chargé du patrimoine tunisien, l’Institut National du Patrimoine,  en fait une suite à ce qui a précédé dans le domaine de l’inventaire. Il vise à mettre en place, dans un délais relativement court, un outil d'aide à la décision dans tout ce qui touche de prêt ou de loin au Patrimoine.
La gestion comprend une large panoplie d’aspects :
•    Inventaire
•    Suivi
•    Information fiable et disponible
•    Types de risques avec classement en classes à risques en soi et à l’intérieur de chaque type
•    La prospective
•    Le potentiel archéologique :  « analyse statistique » des sites connus et extension vers d’autres régions non prospectées pour faire ressortir les zones similaires ou proches susceptibles de « renfermer des sites » et ce grâce aux liens paysage développement d’un site : « matière première (argile) – four à potier - céramique »; « murex – cuve – peinture » ; « oliviers – huilerie – huile - commerce » ; « poisson – bassin de fermentation – garum » ; le potentiel archéologique permet de dégager des zones donc d’en écarter d’autres et par voie de conséquence de gagner du temps et de l’argent tout en aboutissant à des résultats fiables, presque exhaustifs.

Cet outil permet de préciser de manière rapide et rigoureuse une mesure du « risque archéologique » (délimitation de secteurs à risque ou secteurs sensibles, identification des zones archéologiques, etc.), dont les aménageurs devront tenir compte. Cet outil permet également une évolution de la recherche scientifique sur l'occupation du sol depuis la Préhistoire.

L'instrument mis en place doit ainsi permettre de découvrir les fonctionnalités suivantes : Inventaire patrimonial, gestion administrative (gestion des dossiers d'aménagement et de protection), documentation, suivi de la recherche scientifique.

La récolte des données : les fiches

Pour le SIG «  inventaire des sites et monuments » deux types de fiches ont été retenus : la fiche site et la fiche monument. Elles servent de base alphanumérique pour la récolte des informations nécessaires à l’alimentation de la base de données. « Greffées » aux données du GPS, ces données permettent de confectionner « la couche patrimoine » qui viendra se superposer aux autres couches déjà numérisées et portant l’environnement physique et humain.
La notion de site
La définition que nous avons retenue est en rapport avec la prise au sol, c’est en fait la surface occupée au fil du temps ou à un moment précis ; cette définition pose un problème lors de la délimitation, la notion de suburbain, de périphérique ou encore de banlieue proche n’est pas toujours facile à saisir ; la délimitation à l’œil nu demeure donc une approximation, elle est souvent plus large que la réalité ; le recours à la photo aérienne mais aussi à la correction chaque fois des données réelles de terrain interviennent, permettent de remédier à ce problème.

Les sites ayant subi des transformations profondes – invasion urbaine, travaux de défonçage, ouverture de routes, etc. se retrouvent aujourd’hui parcellisés, parfois même, impossible à délimiter d’un seul tenant. Ainsi la modélisation cartographique des sites archéologiques sous forme des polygones (voir chapitre introduction au système d’information géographique – notion de base) est réservée à des situations claires ou presque claires.

Sur les cartes, le polygone est réservé aux sites renfermant au moins deux monuments identifiables et distincts, les sites représentés par des points sont ceux où est visible un seul monument ou uniquement des  preuves d’une présence humaine – céramique, pans de murs, éléments déplacés, etc. les sites linéaires sont relevés et représentés par des lignes – il s’agit essentiellement des aqueducs et des tronçons de voies clairement identifiables.

La notion de monument
La notion de monument n’est pas sujette à l’identification du type de monument ; toute structure visible sur le terrain et délimitée est un monument ;

La notion d’objet
Il s’agit aussi d’un document ; elle couvre tout ce qui est mobile pour peu qu’il ait servi à l’homme ou qu’il ait été fabriqué par celui-ci ; l’objet peut être ailleurs que sur le site. Son lieu de conservation  est bien sûr pris en compte, ailleurs, dans la fiche.

La donnée commune aux deux fiches et qui sert de lien demeure l’identifiant site et/ou monument. Ce dernier se présente comme suit : deux chiffres pour le gouvernorat (découpage administratif tunisien rappelant la préfecture en France) trois chiffres pour le numéro de la carte au 1/50000ème suivi de deux lettres spécifiant la partie au 1/25000ème objet de l’étude, NE pour nord-est, NO pour nord-ouest, SE pour sud-est et SO pour sud-ouest.  Vient ensuite le numéro du site – trois chiffres - et enfin le numéro du monument – trois chiffres aussi- ; ainsi et à titre d’exemple le Capitole de l’antique Uthina, aujourd’hui Oudhna,  située dans la feuille de Bir Mcharga dépendant du gouvernorat de Ben Arous portera l’identifiant 13 028 NE 500 015. [le chiffre 500 donné au site d’Oudhna lors de la session de formation a été conservé]

Les numéros des gouvernorats et des cartes sont communs à toutes les administrations tunisiennes, ce qui facilite une future harmonisation et rendra les échanges de dossiers, leurs identifications et leur traitement beaucoup plus facile. Ce choix allie deux exigences : l’inventaire du patrimoine (numérotation des monuments et des sites) et sa gestion administrative (situation du site dans le découpage administratif).

La fiche site

Elle pourrait être divisée en rubriques :
L’identité du site : nom, toponyme, localisation administrative et situation foncière
Sa position et comment y arriver : accessibilité, délimitation, superficie
Que renferme-t-il ? Période culturelle, catégorie
Son état, quels risques encourt- il et quelle action le concernant a t- on engagée : état de la recherche, état de conservation, occupation actuelle
Le milieu naturel auquel le site appartient : relief, géologie, hydrologie, etc.

Chacune des rubriques donnant accès à un menu orientant l’utilisateur : la période culturelle se retrouve divisée en neuf étapes de l’histoire de la Tunisie: Préhistoire,  Protohistoire, Libyque, Punique, Romain, Vandales/Byzantin, Islamique, Moderne et Contemporaine. Ce découpage est simplifié au possible car l’on pourrait aller plus dans le détail et diviser chacune des périodes retenues en périodes plus courtes. Le fait d’avoir ouvert une fenêtre à la datation précise et à une fourchette entre telle date, et telle autre date nous permet de répondre à l’attente de certains.

La rubrique « catégorie du site » est, quant à elle, divisée en Urbain, Défensif, Extractions de matières premières, Rural, Cultuel, Funéraire et Infrastructure.
« L’état de conservation » permet de répondre à une exigence de protection et donne une idée sur l’urgence ou non d’une intervention ; l’appréciation, bien que parfois subjective permet au gestionnaire de réagir ; les termes utilisés bon, moyen, mauvais, détruit ou « réemploi » donnent une idée, ils sont souvent « expliqués » sous la rubrique en texte libre « description ».

La fiche est complété par une description – un texte libre – permettant de donner un aperçu sur ce qui est visible.

Cette fiche est adaptée aux données propres à la Tunisie : « autre appellation du site » par exemple est une fenêtre nécessaire car de nombreux sites ont changé de nom au fil des temps : le nom antique est le plus souvent berbère, il arrive qu’il soit remplacé par un nom arabe après être passé par une déformation à l’époque romaine. Le nom arabe connaît une ou plusieurs transcriptions durant la période moderne et contemporaine. Ainsi et à titre d’exemple parler de « la source de Ain Thala » revient à utiliser dans trois langues le même sujet, Ain étant la source en arabe et Thala mot berbère signifie Ain en arabe et source en Français. De même qu’il faut savoir que Menzel Bourguiba, Ferryville et Griba qualifient le même site. Parler de Membressa, de Medjez el Bab et de Mdjez revient à parler de la même chose. Que Makthar, Mactar, Maktar (différentes transcriptions françaises,  Mactaris ( forme latine) et MKTRM (forme punique du nom) font référence à la même cité ; la transcription du nom arabe en caractères latins complique  la question. Les lettres exprimant des sons inexistants dans les langues latines comme les gutturales, les vélaires, certaines dentales,  etc. est restée longtemps sans règles ; ce n’est que depuis quelques années que l’on utilise des normes de transcription faisant référence – celles de l’encyclopédie de l’Islam ; encore sont-elles limitées aux milieux universitaires : il faut presque deviner que Zaghouan (graphie courante datant du XIXème siècle et Zaghwan (graphie adoptée par l’office de la topographie et de la cartographie) sont deux formes d’un même nom. L’informatique risque de ne pas s’y retrouver.

Pour ce qui concerne le juridique, le menu donne : classé, protégé, privé, domaine d’état privé, domaine d’état public, indivision Etat/privé ; il reprend les différentes situations propres à la Tunisie car il faut savoir que derrière chacun de ces termes il y a une situation juridique précisée par les lois en vigueur.  La Loi portant le numéro 94-35 datée du 24 février 1994 est relative au « code du patrimoine archéologique, historique et des arts traditionnels »; elle a été publiée dans le journal officiel le 1er mars 1994 et régit depuis le domaine ; « le code du patrimoine » définit le patrimoine : «  est considéré patrimoine archéologique, historique ou traditionnel tout vestige légué par les civilisations ou les générations antérieures, découvert ou recherché, en terre ou en mer, qu’il soit meuble, immeuble, documents ou manuscrits en rapport avec les arts, les sciences, les croyances, les traditions, la vie quotidienne, les évènements publics ou autres datant des époques préhistoriques ou historiques et dont la valeur nationale ou universelle est prouvée ».

Le code définit les « sites culturels », les « ensembles historiques ou traditionnels », les « monuments historiques » et protège «  les biens meubles, y compris les documents et les manuscrits qui constituent, quant à leur aspect historique, scientifique, esthétique, artistique ou traditionnel une valeur nationale ou universelle ».

Les procédures de protection et de classement sont précisées dans le même code. IL est d’ailleurs évident qu’aussi bien le SIG que La GED doivent servir de base à la préparation des dossiers de classement ; la nature des informations que renferme un dossier de classement correspond dans une large mesure aux données d’IPAMED (SIG et GED réunis). L’identifiant du bien à classer, la nature du bien, la période culturelle à laquelle il remonte, les références cartographiques, le statut juridique, sont autant de rubriques disponibles car prises en compte par IPAMED qui dispose aussi dans la GED des données bibliographiques, illustrations et historique du bien pour l’élaboration de la présentation et de l’argumentaire justifiant la demande de classement.

La fiche Monument

Elle renferme, outre l’identifiant déjà évoqué, le nom, le type, l’état de la recherche, la datation, l’orientation et les risques encourus, qu’ils soient humains ou naturels, et une rubrique « observations » sous forme de texte libre pour les remarques.

Le type de monument s’intègre dans l’une des huit catégories retenues : cultuel, funéraire, habitat, hydraulique, équipement, production et défense, une catégorie « Non identifié » permet à l’utilisateur de palier à une absence totale d’indication permettant de classer le monument.

Chaque catégorie est « divisée » en types ; ainsi et à titre d’exemple la catégorie «  hydraulique » propose-t-elle les types suivants : aqueduc, pont aqueduc, barrage, citerne, fontaine, puits, thermes/hammam, latrines, égouts, canalisation et autres.

L’élaboration des fiches devait répondre à plusieurs exigences :
•    il s’agit avant tout d’être dans l’esprit d’IPAMED : un projet de formation et de transfert d’un savoir-faire
•    il s’agit ensuite d’adopter un esprit pluridisciplinaire et d’y adapter les exigences de chacun :   description claire mais sommaire, équilibre à trouver entre les données naturelles (géomorphologie, hydrographie, relief, etc.) et les données humaines ; pas de redondance, encore moins de détails susceptibles d’alourdir la base de données, etc.
•    les exigences de la gestion imposèrent certaines rubriques : données administratives, accessibilité, importance du site, état, risques, etc.
•    le dossier constitué doit être suffisamment étoffé pour permettre son utilisation dans toute action de protection, de classement ou d’intervention ; ce dossier gagne aussi à pouvoir servir de point de départ à toute recherche encore plus poussée.   

Ces fiches ont fait l’objet d’une longue consultation, elles furent expérimentées, tout le long de la troisième session de formation, et continuent à évoluer ; si depuis le début le principe - gestion du patrimoine – demeure, la fiche site et la fiche monument  ne sont toujours pas définitives ; elles ne sont pas exhaustives, elles sont même minimalistes ; l’utilisateur peut enrichir la base des données à volonté en fonction de ses besoins mais aussi et surtout en fonction des données disponibles ; il aurait été fâcheux d’ajouter des fenêtres alors que les données qui auraient permis de les remplir ne sont disponibles que pour quelques sites ou quelques monuments.

Lors de la saisie de l’une des fiches (fiche site ou fiche monument), le volet documentation relatif à la fiche en question vient enrichir aussi bien la fiche concernée que la base de données dans sa totalité.  Cette documentation a souvent précédé le travail sur le terrain, il arrive qu’elle resserve en aval pour enrichir des rubriques comme « l’état de la recherche » ou la « datation ».

Chaque fiche site est enrichie par des photos, par des relevés GPS permettant de délimiter le site et de le situer, de positionner un monument à l’intérieur du polygone site. A ces données vient s’ajouter  toute autre documentation jugée utile pour la gestion. Ainsi sont emmagasinées des données relatives au statut foncier (référence aux lois de classement quand elles existent), aux travaux de relevés, dessins et autres faisant l’historique de la recherche et des interventions de restauration et de protection.  
Chaque fiche est, en principe, datée et signée.  

La fiche, site  et monument, n’est qu’un aspect du système SIG mis en place par IPAMED, elle vient compléter les données des couches numérisées, elle est accompagnée des données GPS, elle est enfin à la base des polygones, points et autres polyligne représentant sur la carte respectivement le site majeur, le site mineur et le site linéaire. Elle se doit d’être sommaire, complète, renfermant les informations nécessaires. Cette tâche est rendue « facile » grâce à l’informatique qui permet de « corriger » chaque fois que cela s’avère nécessaire.

La procédure de récolte des données sur les fiches est classique : dépouillement de la documentation disponible, repérage sur les cartes papiers des sites connus, établissement des itinéraires, déplacement sur le terrain, remplissage des fiches, relevé GPS. Une fois rentrée au local IPAMED, la fiche est saisie, elle est ensuite validée pour être intégrée à la base de données. Le choix s’est fait sur la bibliographie et nous avons cherché à être à la fois clairs et succincts : ainsi ont été évitées les redondances, la concentration sur un auteur,  etc. dans le choix nous avons gardé la référence qui ouvre le plus les horizons, très souvent un ouvrage classique renfermant une bibliographie relativement importante ; cette dernière servant de point de départ à un travail plus approfondi.  L’identifiant du document bibliographique a consisté à reprendre les trois premières lettres du nom suivies de l’année : ainsi     BAB 1989 : BEN ZINA BEN ABDELLAH (Z) Catalogue des inscriptions latines du musée / DEY 1904 : DEYROLLE (E) Haouanet à lit et à face humaine Bulletin de la société archéologique de Sousse.

L’identifiant juridique consiste à mettre l’année de promulgation de la loi tout en reprenant deux zones de texte plus bas : la date complète du texte de loi qu’il s’agisse d’un arrêté, d’un décret ou tout simplement d’une loi :

Cette série d’identifiants sera adaptée au système GED et n’aura plus sa raison d’être ; chacune de ces données étant traitée séparément en tant que document à part entière. Le lien avec le site, le monument et éventuellement l’objet se faisant grâce à la « gestion électronique».
La fiche Objet
L’identifiant : L’objet est rattaché au site ; l’idéal aurait été qu’il soit rattaché au monument mais cela est loin d’être possible : le nombre de monuments identifiés est limité, une grande partie des sites demeure sous terre ; la quantité d’objets identifiés comme appartenant à un monument précis est minime par rapport à tous les objets se trouvant dans les réserves, qu’elles soient des réserves de sites, au réserves régionales ou nationales. A cela s’ajoutent les objets déplacés déjà durant l’Antiquité ou plus tard. Cet aspect de la question est résolu, pour ce qui de l’inventaire par la GED avant même que l’inventaire des objets ait été engagé ; l’objet devenant un document se présentant sous la forme d’une fiche, d’une photo ou de tout autre type de document.

La principale donnée est le nom de l’objet, nom dérivant de son usage : boucle d’oreille, fiole, seuil, bol, etc. ; vient ensuite la matière première utilisée pour fabriquer l’objet, d’abord dans son aspect générique : métal, pierre, bois, etc. ensuite avec plus de précision quand cela est possible : ainsi l’expression « pierres précieuses » se trouvera précisée : agate, diamant, jade, saphir, etc. tandis que métal englobera : or, argent, bronze, etc. Ces listes peuvent difficilement être exhaustives d’où la facilité offerte par la base de données d’être enrichie à tout moment ; pour la gestion, il nous a semblé intéressant d’adjoindre deux informations relatives à l’état de l’objet – entier ou fragment – et son état de conservation : bon, mauvais et moyen. Un texte libre permet de faire la description de l’objet et d’en donner les dimensions. Le lieu de la découverte  est précisé par la mention des identifiants du site et du monument, les conditions de la découverte /d’acquisition sont aussi importantes car elles permettent de distinguer entre un objet saisi par les services de police ou de douane d’un objet obtenu par don particulier, des objets fruits d’une recherche – fouille essentiellement - la période culturelle à laquelle appartient l’objet et éventuellement sa datation sont incorporées dans la fiche ainsi que la distinction entre un objet de fabrication locale et un objet importé. La fiche se terminant par la mention du dernier inventaire et le lieu de dépôt, donc de conservation.

Cette fiche ne peut être exhaustive, la liste « nom de l’objet » proposée par la fiche renferme plus de 120 mots et elle est incomplète ; la base de donnée peut être enrichie à tout moment.
Le passage d’un SIG «  système d’information géographique » traitant de l’inventaire spatialisé des sites et monuments   à  un S.I.G. «  système d’information généralisée »  ou GED est venue avec la nécessité d’aborder le patrimoine dans sa totalité et dans sa globalité site, monument, objet, document en rapport avec l’une ou l’autre  des trois composantes

La gestion électronique du document ou GED

L’extension du projet IPAMED se devait d’être faite selon la même logique qui a prévalu au début « la gestion du patrimoine ». Si au début et dans le cadre du SIG, l’inventaire a touché le site et le monument, l’extension s’est faite vers l’objet provenant du monument donc du site et le document produit, suite à l’action sur l’une des trois premières composantes de la chaîne dans sa totalité : le cheminement Site-Monument-Objet-Document intègre le document dans le Patrimoine à  sauvegarder. L’approche est multiple puisqu’il y a moyen d’évoluer dans tous les sens en partant de l’une des composantes : l’objet qui provient d’un monument X donc  appartient à un site Y génère une photo  qui est inventoriée comme le document Z, etc.

Le document est une notion large ; dans une GED, il devient même central : ainsi une photo, un plan, un dessin, un texte relatif à un site, à un monument ou à un objet sont des documents ; un livre, un article, une correspondance traitant d’un site, d’un monument ou d’un objet sont aussi des documents.

L’idée d’inventorier le document vise à protéger aussi bien le document lui-même que l’objet, au sens de sujet, qu’il traite.

L’extension du projet IPAMED vers la GED était une réponse à une situation : la Tunisie, les autres pays aussi, et l’Institut national du patrimoine pour le cas qui nous concerne, est en possession de centaines de milliers de documents : photos, clichés, plans, archives administratives. Ces « documents » se trouvent emmagasinés, traités et manipulés par autant de services : laboratoires photos, service d’architecture, administrations, service des archives, etc. certains types de documents se retrouvent même chez les « individus » : carnets de fouilles, notes, brouillons, etc. La GED se propose d’enrichir chacune des composantes, type de site, type de monument, catégorie d’objet et nature de documents, et d’établir des liens multiples site-monument-objet-documents : à titre d’exemple : tout ce qui concerne Utique mais aussi tout ce qui concerne l’administration des sites dont Utique ; tout ce qui est « chapiteaux historiés » aussi bien à Utique que dans d’autres sites de la Tunisie ;
La gestion globale permet donc :
•    d’inventorier avec précision ce dont on dispose
•    de protéger le patrimoine
•    de retrouver en temps réel ce dont on a besoin
•    de recouper des éléments éparpillés
•    d’établir des liens entre des données par définition différentes
•    de rendre l’information facile d’accès, donc disponible
•    de faciliter la mise en forme de dossiers de gestion
•    de programmer
•    de réaliser des programmes et d’en assurer le suivi

L’identifiant « document » s’inscrit dans la logique IPAMED « gestion du patrimoine » le document est rattaché au site, il reprend donc logiquement l’identifiant site dans sa totalité ; à ce dernier est adjointe une numérotation suivie : 1 à 9999.

Exemple : 13028NE500015 qui identifie Uthina (Oudhna), une photo de l’amphithéâtre d’Uthina portera le numéro 13028NE5000151 et sera donc le document numéro 1 des documents de ce site ; le document traité juste après portant sur un deuxième document relatif au théâtre d’Oudhna portera l’identifiant 13028NE5000152, etc.

La fiche document renferme outre l’identifiant du document, l’identifiant du site auquel il appartient et éventuellement l’identifiant du monument d’où il provient ; elle renferme aussi l’état du support, la période culturelle qu’il traite et éventuellement la date de sa production. La fiche comporte également et dès le début le type de support, la nature du document – carte, dessin, image, texte, etc. et la précision relative au type de document, original ou copie et sa provenance. Un texte libre permet de donner un aperçu sur le contenu du document.


Le produit IPAMED « El GedWa » : une autre dimension
Littéralement le terme arabe Elgedwa signifie le don, la dotation, par extension il signifie aussi l’apport, le bénéfice, l’efficacité dans le sens de résultat positif ; son choix repose sur le fait que le hasard veut que dans Elgedwa, il y est le son GED.

SIG et GED réunis grâce à une interface permettent la gestion globale du patrimoine avec un thésaurus facilitant l’accès à l’information ou aux informations voulues. La navigation se faisant dans tous les sens entre le site et le document en englobant le monument et l’objet. Cette approche permet aussi une gestion exhaustive puisqu’elle donne, en temps réel, un dossier complet renfermant l’information géographique (site et monument) et l’information documentaire (objet et document) ; le produit est aussi un outil d’inventaire susceptible d’être mis à jour en temps réel et en permanence.

Le thésaurus
Le vrai thésaurus se construira au fur et à mesure que la GED se remplira en données ; il est, par exemple pratiquement impossible de faire la liste exhaustive des toponymes,  certains sites portent à travers l’histoire jusqu’à trois toponymes parfois quatre, d’autres ont conservé le même nom mais avec des déformations fussent-elles légères comme nous l’avons signalé précédemment : Menzel Bourguiba, Ferryville et Griba,  Tabraca et Tabarka, MKTRM, Mactaris, Mactar  et Makthar ; Nabeul et Néapolis, Vaga et Béja, Capsa et Gafsa, etc. Le thésaurus mis sur pied ne représente qu’une petite partie de celui qui sera disponible après quelques mois de saisie des données. Son rôle est primordial dans l’harmonisation  de l’écriture, du sens avec lequel il faut entendre telle ou telle donnée, d’affiner la recherche et de faciliter l’accès à l’information.

Si déjà le SIG appliqué au Patrimoine et la formation dans ce domaine pouvaient être considérés comme un réel transfert de savoir-faire ; l’adoption de la GED peut être qualifiée de « véritable révolution ».  La gestion électronique des documents appliquée au Patrimoine est, encore aujourd’hui rare à travers le monde, elle est une première dans les pays du sud ; cet aspect des choses rend l’opération encore plus délicate.
Nous avons évoqué plus haut les expériences et les réalisations d’inventaire du patrimoine au sens classique du terme : site/ monument/objet. L’inventaire du document se limite à quelques aspects et domaines :
•    celui des archives : une loi des archives nationales
•    un fichier « auteurs » à la bibliothèque centrale doublé d’une base de données « auteurs » pour les acquisitions de dernières années.   

L’application : Utique

Il s’agit de la première ville tunisienne, c’est aussi la capitale de la première province romaine d’Afrique, c’est un site prestigieux longtemps objet de recherche : site pilote de l’Ecole Française de Rome ; objet de fouilles dès la fin du 19ème siècle ; des chercheurs prestigieux comme Pierre Cintas y ont travaillé ; et lui a consacré un guide. Quelques années plus tard c’est notre collègue Féthi Chelbi qui publia un guide intitulé : « Utique la splendide » (édition de l’Agence Nationale du Patrimoine, Tunis, 1999). C’est à Utique que le projet de Corpus des mosaïques de Tunisie a vu le jour. Actuellement le site d’Utique est doté d’un musée, il est dans sa grande majorité classé ; il est délimité et son dossier foncier traité. Tout ceci fait qu’Utique est régulièrement l’objet d’interventions administratives ; Utique a généré et génère encore beaucoup de documents : photos, plans, publications, recherches touchant  différentes périodes culturelles et diverses disciplines ; Utique est située sur la feuille au 1/25000 Porto farina SO portant le numéro 7, le site a fait l’objet de l’application SIG et porte l’identifiant IPAMED « 23007SO067 », Utique renferme X monuments répertoriés par le projet IPAMED.

De jeunes chercheurs furent chargés à Utique et dans les différents services de l’INP, du dépouillement et de l’établissement des fiches « document ». Ils eurent aussi à inventorier les objets exposés dans le musée ou visibles sur le site.

Utique illustre parfaitement la situation : Il s’agit d’un site, renfermant plusieurs monuments, dans lequel les différentes fouilles et recherches menées depuis le XIX ème siècle ont permis d’emmagasiner des centaines d’objets différents par leur forme et leur nature mais aussi appartenant aux différentes périodes culturelles vécues par le site et la Tunisie d’une façon générale. Utique est aussi riche en bibliographie et en documents administratifs touchant à la gestion de tous les jours ; si l’on ajoute au dossier Utique le fait que le site est situé pratiquement dans la grande banlieue de la capitale, que la zone  vit une pression sur le plan de l’aménagement, des équipements en infrastructure, de l’urbanisation, que l’on y rencontre une agriculture intensive et que si une grande partie du site est aujourd’hui à l’abri car clôturée et sauvegardée, la question du statut juridique reste posée pour une autre partie  extérieure aux limites actuelles de la protection.

IPAMED - l’avenir

La question se pose « que va devenir le produit IPAMED (SIG et GED réunis » ?)
L’institut national du patrimoine se retrouve, à la clôture du projet, doté d’un outil, d’un équipement et d’un transfert de savoir faire ; la tache qui, logiquement suit, est celle de l’exploitation du système, elle est énorme.
Les générateurs de documents au sein de l’institut national du patrimoine sont :
•    Les sites
•    les monuments
•    les réserves des sites
•    les musées et les réserves des musées
•    les différentes administrations
•    les laboratoires photos
•    le laboratoire central
•    les bibliothèques
•    le service des archives
•    le personnel technique et scientifique

Chacun a ses exigences, tous ont besoin l’un de l’autre : d’un équipement et d’une formation orientée ; la maîtrise de l’ensemble n’est possible à tous les niveaux d’intervention que si l’accès à l’information est possible à des degrés divers mais à tous les niveaux.  La volonté de procéder à l’inventaire général existe, elle est même une réalité ; les résultats apparaîtront dans des délais raisonnables tellement la tâche est lourde.

Construction de thésaurus :

C’est l’outil ou l’instrument qui permet de mettre en relation un terme choisi (préféré) - en construisant un arbre sémantique - avec les termes les plus génériques et les thermes plus spécifiques, la définition, les synonymes et la traduction dans d’autres langues. Cet outil va servir par la suite à faciliter la recherche en guidant le chercheur d’informations vers sa cible  d’une façon plus fine et plus simple.

Publication Ipamed 2005

Mise à jour le Mercredi, 20 Avril 2011 11:07